pope star
Un jeu de mot débile au sortir d’une église orthodoxe…
Parce que depuis le lycée et les premiers enterrements de copains, de connaissances ou de proches le rire s’est souvent retrouvé là, autour des églises, avant ou après les cérémonies. Au pire pour relâcher la tension au mieux pour se sentir vivant…
Dans cette église de la rue Saint Lazare j’avais souvent voulu entrer lorsque j’étais étudiant et que je travaillais sur les églises de Lyon. En vain…
Mais ce matin-là j’y suis entré à reculons.
J’étais là pour sa mère et son frère aussi. Mais j’étais là surtout pour elle. Parce que cette petite fille avant même que je ne connaisse sa vie pas très facile m’avait touché un matin de carnaval. Il faisait froid à 8h15 dans la cour de l’école. Très même. Mais elle est arrivée déguisée en ballerine, en tutu et les épaules nues. Juste heureuse et insouciante. Prouvant que vivre ses rêves repousse bien des limites et que les enfants sont les meilleurs à ce jeu qui n’en est pas vraiment un…
Depuis je la regarde grandir de loin en loin. Au point d’assister à une cérémonie étrange dont je ne sais si la dureté des textes est propre à cette liturgie ou juste choisie sciemment en fonction du mort. Où la maigre assistance “beautifull freaks” parait sortie d’un casting de Caro et Jeunet, et dont certains membres semblent un instant ultra-religieux à grand renfort de signes de croix et de psalmodiations et l’instant d’après se lèvent et sortent pour prendre une communication sur leur portable qui n’est même pas sur vibreur… Des gens qui rentrent et qui sortent. Des gens qui embrassent le cercueil. Des enfants qui proposent des bonbons. D’autres mœurs dont je ne sais si la triste beauté leurs est propre ou si elle vient de leurs exotismes…
Vers la fin de la cérémonie avant que le cercueil ne soit enlevé une dame a pris le portrait de son père qui était posé dessus.
Au bout d’un moment, sans un mot et toute en douceur elle l’a récupéré.
Et c’est avec le portrait de son papa dans les bras qu’elle est sortie de l’église. Il m’a semblé alors qu’armée de ce talisman et presque souriante elle entrait dans un monde que les enfants de son age ne devraient pas connaitre.
Je n’étais plus là mais je sais qu’elle a pleuré au moment de l’inhumation. Mais je sais aussi qu’avec d’autres nous serons là pour l’accompagner. Et même si je serai plus en retrait que certains je ferais tout mon possible pour qu’elle retrouve son sourire de ballerine…